Partager l'article ! Le goéland mérite-t-il sa mauvaise réputation ?: ...
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Le goéland dérange
Le goéland leucophée en fait partie. Et ça tombe bien, car “la bête” dérange.
Pêle-mêle, on reproche au goéland d’être un peu trop porté sur la nourriture (ce qui le rend agressif et voleur), d’attaquer les joggeurs qui lui déplaisent, de “gueuler” à longueur d’année , de décimer les mouettes... Bref, d’être un sale animal dont il est impératif de contenir l’extension.
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Du formol sur les œufs
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Du coup, à Sète, où l’on recense 800 goélands, la Ville a monté le dossier qui permet d’étouffer les poussins dans l’œuf : depuis 2009, au printemps, une équipe (suivie par un membre de la Ligue de protection des oiseaux) va de nid en nid, pulvérisant du formol sur les œufs, puis un produit qui empêche l’oxygène d’y pénétrer.
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Une “méthode douce” pour neutraliser - définitivement - le poussin et espérer une maîtrise des populations de volatiles.
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Le goéland est-il aussi "nocif" qu’on le dit ?
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Il est vrai que, pas du genre discret, il se voit et s’entend.
Soyons toutefois précis : notre leucophée ne crie pas toute l’année mais “seulement” en période d’amours, d’accouplement et d’éclosion.
Bon, d’accord, il crie aussi quand il défend les “jeunes” qui promènent sur les toits et crie encore pour encourager ceux qui, apprenant à voler, se jettent dans le vide.
En bref, trois mois de vacarme (de mars à juin). Pas plus. Après, il est - à peu près - calme. Côté agressivité, "le gabian n’attaque pas, il intimide", précise le naturaliste Yves Corroy.
Qui convient néanmoins que deux ou trois goélands vociférant à 20 cm de votre crâne peuvent faire craindre le pire.
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Troisième chef d’inculpation : la gloutonnerie
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Et y compris vis-à-vis de ses semblables. On a vu des goéland voler des pizzas dans les restos, manger des pigeons, se régaler d’une nichée de cannetons... On les a même accusés, aux Aresquiers, d’avoir attaqué une colonie de sternes naines, protégées.
Ce qui, après des tirs encadrés par l’ONC (Office national de la chasse) sur les goélands, s’est avéré être faux : les goéland n’avaient pas “gobé” les sternes mais s’étaient simplement installés sur leur zone de nidification. Forcément, ces dernières avaient dû aller crécher ailleurs.
D’ailleurs, le goéland n’est pas glouton : il mange seulement 10 % de son poids par jour, soit environ 100 g de nourriture (pour 1,20 m d’envergure, il ne pèse pas plus d’un kilo).
Paresseux et très opportuniste
En revanche, il est paresseux, et très opportuniste, ce qui rend d’infinis service à la collectivité car il “déjeune” sur Sète : sans lui, les plages seraient impratiquables, à moins de quadrupler les équipes de nettoyage. Le leucophée engloutit tout : poissons et oiseaux morts, restes de sandwiches, etc.
C’est lui, aussi, qui mange à peu près tout ce que les pêcheurs rejettent à la mer car à la différence du cormoran ou de la mouette, le goéland ne pêche pas : il récupère.
C’est d’ailleurs la présence d’une industrie de la pêche qui l’a incité à se fixer à Sète : notre animal se nourrit à 80 % des rejets de la pêche, à 20 % d’ordures ménagères, contrairement à ses 40 000 cousins marseillais qui, eux, se nourrissent à 90 % dans lles décharges.
Il rend tout de même de fiers services
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Bref, le goéland sétois rend tout de même de fiers services. Et s’il est très bruyant, il n’y a apparemment qu’en Méditerranée que l’on s’en plaint : en Normandie et en Bretagne, la densité de goélands (argentés, pas leucophées) est largement supérieure, et personne ne songe à les éradiquer.
Peut être parce que ceux qui y vivent intègrent le fait que le bord de mer n’est pas une carte postale. Et puis en Méditerranée, le bipède, comme le goéland, a une grande g...
La stérilisation permet donc autant de réguler l’espèce que de calmer ceux qui s’en plaignent.
Les goélands sont des oiseaux qui mangent de tout
Le goéland est un oiseau qui est en réalité une grosse mouette. En général il est gris ou blanc avec des marques noires sur les ailes et la tête.
Les pattes de cet oiseau sont courtes et ses pieds sont palmés. Ses ailes sont longues et son bec d'oiseau est puissant.
Le goéland aime vivre au bord de l'eau où il plonge pour capturer les poissons.
Ce sont aussi des animaux charognards, des éboueurs de grève, parcequ'ils nettoient la grève des saletés, des poissons morts qui s'y trouvent.
Certaines espèces se retrouvent par milliers sur les dépotoirs publics.
Ce n'est pas un oiseau qui chante, il pousse des cris.
Le mâle et la femelle sont identiques. Ils nichent en colonies.
Les nids se construisent au sol ou dans les falaises. Après l'accouplement, la femelle pond 2-3 oeufs et l'incubation dure 20 jours et plus.
Les petits peuvent voler après 35 jours, et savent nager très tôt. Les oisillons subissent plusieurs mues avant d'avoir leur plumage adulte, soit vers l'âge de 4 ans.
La durée de vie du goéland varie entre 25 et 28 ans.
D'abord parce que les goélands sont devenus des oiseaux protégés.
1976 marque un grand tournant dans la façon d'appréhender la faune en France.
Avant cette date, toutes les espèces, sauf exceptions dûment répertoriées, étaient, sous certaines conditions, chassables ou destructibles.
Depuis, le principe est inversé. Toutes les espèces sont protégées sauf celles figurant sur une liste constamment remise à jour, qui elles sont chassables et destructibles à des dates et avec des moyens strictement déterminés.
Ensuite parce que les goélands argentés, il s'agit d'eux quand on parle d'extension, sinon de prolifération, sont opportunistes. Ils ont su profiter de ce que notre
société de consommation a produit en énorme quantité ces dernières décennies, des ordures ménagères.
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La décharge de Marseille est célèbre mais il existe un peu partout en France des petites "décharges de Marseille" qui nourrissent chacune leurs colonies de goélands.
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Ils envahissent les villes de leurs déjections. Ils génèrent une pollution sonore que certains qualifient d'insupportable.
Ils mettent en péril la sécurité des avions.
L'amerrissage miraculeux d'un avion de ligne américain sur l'Hudson River, était la conséquence du passage d'un goéland dans un des réacteurs.
.Ils sont des prédateurs redoutables pour l'ensemble de la petite et de la moyenne faune.
À ce propos, il y a beaucoup à craindre de la tant attendue fermeture de la décharge de Marseille.
Il est à redouter que les goélands ne trouvant plus leur nourriture, aillent à ce moment faire un malheur dans la Camargue toute proche en y prédatant tout ce qui bouge.
.La solution intelligente et courageuse consisterait à en limiter les populations avant la fermeture.
Disons quand même à leur "décharge" que les goélands ne semblent pas spécialement être porteurs de maladie .
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De nos jours, les goélands n'ont plus grand chose à craindre des hommes.
Il n'en était pas de même autrefois.
Dans la toute proche Scandinavie, les paysans et les pêcheurs tiraient parti des immenses colonies qui nichaient sur leurs falaises. Les oeufs étaient pour certains l'essentiel de leurs revenus.
Les plumes des goélands et des mouettes étaient utilisées comme on utilise le duvet d'eider pour faire des édredons (le mot édredon vient d'eider qui
désigne un gros canard marin au duvet extrêmement chaud).
Au Pays-Bas et au Groenland, il était courant de servir du ragoût de jeune goéland.
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De nos jours, en Islande, la collecte des oeufs d'oiseaux de mer (en particulier des
guillemots) est encore pratiquée en début de saison pour pouvoir laisser le temps à
une seconde ponte.
Cette récolte est le privilège des jeunes qui s'impliquent dans le sauvetage en mer.
.Les goélands comme tous les oiseaux de mer sont les victimes de masse des pollutions marines, en particulier des marées noires.
Parfois les hommes nourrissent à leur insu les goélands.
Sur le port de Granville et sûrement ailleurs, les goélands savent tirer parti des coquillages qui
tombent à l'occasion des déchargements de la pêche.
Ils saisissent une praire dans le bec et le montent suffisamment haut pour que la coquille, lorsqu'ils la relâchent sur le granit du quai, se brise.
Ils peuvent alors se repaître de la chair du coquillage.
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Hitchcock, Les oiseaux, 1963. Les oiseaux de Bodega Bay sont des corneilles... et des goélands.
Roman de Richard Bach, Jonathan Linvingstone, 1970, porté à l'écran par H. Bartlett en 1973. Jonathan est un petit goéland qui cherche de nouveaux horizons, toujours plus loin.
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C'est un hymne à la liberté, une incitation à la recherche de son identité personnelle.
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L'appétit des goélands est légendaire, dans la Manche on dit " de quelqu'un qui mange beaucoup qu'il mange comme une gouëlle. "
En Languedoc, le goéland est le gabian.
Comme il a longtemps été confondu avec la mouette, les goélands figurent souvent dans les vieux récits .
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