Partager l'article ! Juan-José Padilla , torero de respect, reprendra l'épée le 4 mars...: ...
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Le Maestro Padilla a fixé rendez-vous à Midi Libre dans sa superbe propriété .
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Rencontre avec un torero qui retrouve toutes ses facultés physiques et un homme réfléchi, apaisé, dont le retour dans les ruedos le 4 mars résulte d’une réflexion mûrement menée.
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Les informations glanées en Andalousie rassurent sur son état de forme.
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Le valet d’épée de Morante de la Puebla, à la Pena Morante, assurait "l’avoir trouvé déjà prêt lorsqu’il a combattu un toro dans la finca de José Antonio (Morante)" et le mayoral de Fuente Ymbro était impressionné par son aisance lors de la sa première tienta du 30 décembre".
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Après avoir accepté de poser pour une séance photo malgré un emploi du temps surchargé, le maestro nous a chargé de saluer l’éleveur Ana Romero que nous devions rencontrer l’après-midi.
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C’est un toro de cette marque qui lui a provoqué cette terrible blessure à Zaragoza.
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Sans l’ombre d’une rancune, Padilla est toujours animé par la même passion pour le toreo.
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Racontez-nous la visite de Sébastien Castella à la Clinique ?
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J’étais très ému car toutes les stars de la tauromachie m’ont rendu visite après ma blessure et m’ont apporté leur soutien. J’ai toujours eu beaucoup d’amitié et de respect pour Sébastien. Quand il est rentré dans la chambre, il a voulu m’offrir sa médaille en me disant
"Juan, je n’ai jamais quitté cette médaille de ma vie. Je te la donne pour t’aider à récupérer et tu pourras me la rendre quand ça ira mieux". Ces mots m’ont ému par leur humanité, leurs valeurs chrétiennes. C’était un geste hors du commun. Et Sébastien Castella n’est pas seulement un grand torero. C’est un homme avec beaucoup de cœur.
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Béziers est une de vos arènes préférées avec Jerez, Pamplona et Bilbao ?
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C’est évident. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir et j’ai souvent triomphé face aux Miura. Mais également face aux Valdefresno et aux Peralta.
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J’ai connu des moments de gloire et je conserve beaucoup d’amis dans cette ville. Je suis toujours fier d’être au cartel. Et de ressentir l’attente et le soutien d’un public qui sait apprécier les difficultés d’une corrida de Miura.
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Béziers vous a définitivement adopté lors des journées taurines…
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Je me rappelle d’un repas avec toute l’aficion et d’une superbe conférence réalisée dans un club taurin (Cercle taurin). J’ai ressenti dans les rues de Béziers la même admiration et la même attention à mon égard que dans l’arène. Ces journées taurines restent des moments inoubliables.
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Savez-vous que Béziers vous a rendu hommage lors de la dernière édition ?
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Mon entourage m’a tenu informé. Je voudrais sincèrement témoigner de mon amitié à Midi Libre et aux aficionados. J’ai ressenti cet appui et cette chaleur depuis mon lit d’Hôpital. Je suis très ému et je voudrais remercier Béziers de tout mon cœur. Et lui rendre en faisant ce que je fais le mieux. Toréer dans vos arènes.
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Un vœu pour 2012 ?
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Je voudrais dire mon amitié à Robert Margé et à son fils Olivier. Au-delà de ses qualités d’impresario, il m’a prouvé sa confiance en me programmant alors que personne ne voulait de moi. Il m’a ouvert les portes de sa maison avec beaucoup de gentillesse et m’a témoigné de son amitié à de nombreuses reprises.
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Alors les Miura pour cette Feria ?
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Je mentirais si je ne vous disais pas que j’aimerais toréer avec Sébastien Castella. C’est un ami et une grande figura du toreo en France mais aussi en Espagne et en Amérique. Sachez que je me prépare pour ne pas vous décevoir dans ces arènes qui me tiennent tant à cœur. Et me montrer à la hauteur au côté de Sébastien.
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Retour sur le passé ( avant le 7-10-2011 )
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Juan José Padilla a été grièvement encorné au visage le 7 octobre 2011, , lors de la Feria del Pilar à Saragosse.
" Des toros comme cet Ana Romero, JJ Padilla, en a banderillé des milliers. Un Victorino l'a égorgé à San Sebastian, les Miura l'ont passé à tabac ; à Nîmes, un jour, il est allé poser les veuves sur la tête d'un Palha du diable, mais aucun ne lui avait infligé une aussi horrible cornada. Vendredi sur le sable de la Misericordia à Zaragoza, la corne a détruit le visage du Cyclon de Jerez affectant les mâchoires, les nerfs faciaux, le conduit auditif et ressortant par la cavité orbitale ! L'accident a traumatisé tous les témoins et au-delà tout le mundillo. Opéré six heures durant, le matador andalou, force de la nature, a vu son état s'améliorer après le week-end mais les séquelles pourraient être dramatiques.
Spécialiste des corridas dures, présent dans toutes les férias, très populaire en France, Padilla qui a déjà demandé à Diego Robles de n'annuler aucun de ses contrats en Amérique, a sans doute fini sa carrière dans ce triste début du Pilar. Un terrible combat vient de début pour lui ".
La vidéo ci-dessous témoigne de la violence de l'attaque.
(Attention, les personnes sensibles peuvent être choquées par ces images)
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Privé depuis de l'usage de l'oeil gauche, le matador de Jerez Juan José Padilla signera son retour en piste le 4 mars à la feria d'Olivenza (Estrémadure), près de Badajoz.
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Il l'a annoncé le 20 janvier, lors d'une conférence de presse suivie par de nombreux médias, à l'hôtel Colon de Séville. Il devrait réapparaître dans un cartel de luxe, aux côtés de José Antonio Morante de la Puebla et José Mari Manzanares (toros de Nunez del Cuvillo).
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Padilla, dit « Le Cyclone de Jerez », vit dorénavant avec un cache noir sur l'oeil gauche.
Il le gardera aussi pour toréer, a-t-il annoncé, déclarant qu'il était d'ores et déjà engagé aux ferias d'Arles (Pâques) et Valencia, et qu'il espère être à Séville.
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Quel souvenir conservez-vous de l’accident du 7 octobre dernier à Saragosse ?
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Je savais qu’aux banderilles, le toro serait très compliqué. À la cape, il se retournait immédiatement, la tête très haute. Mais j’en avais déjà banderillé des bien pires dans ma carrière. Après la troisième paire, il m’a immédiatement attrapé. Je suis resté conscient en permanence. Dès que je me suis relevé, j’ai pris dans ma main mon œil droit et tenu mon visage et mon menton qu’avait détruit le toro. Sur le chemin de l’infirmerie, je m’étouffais et j’avais perdu totalement la vue, même de l’œil droit. J’avais conscience que je pouvais mourir et j’ai immédiatement pensé à mon épouse et mes enfants car j’avais peur de les abandonner.
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Les médecins des arènes et de l’Hôpital vous ont sauvé la vie ?
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Totalement. Je remercie Dieu et la Vierge du Pilar d’avoir subi cette blessure à Saragosse, car j’ai eu la chance d’être pris en charge par une équipe médicale aussi brillante. De même, le médecin des arènes a refusé de m’opérer et cette décision m’a sauvé la vie. Je n’ose imaginer les conséquences si j’avais subi la même blessure dans une autre ville…
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Vous avez subi plusieurs interventions chirurgicales ?
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L’opération suite au coup de corne a duré neuf heures. Ce fut une intervention lourde où on m’a mis une plaque de titane sur le visage avec une reconstruction du maxillo-facial. J’ai ensuite été opéré une seconde fois du nerf facial pendant 12 heures à Séville. Ils m’ont greffé un nerf du mollet dans la zone allant de la nuque au cerveau. Cette opération a été une totale réussite. Je commence à retrouver des sensations sur le visage et à force de travail, je devrais retrouver la symétrie normale de ma bouche.
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Et votre vision de l’œil gauche ?
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Je dois faire un nouveau point avec le médecin le 28 mars. Pour l’instant, le nerf optique est connecté mais il ne donne pas encore d’informations au cerveau. S’il reçoit de la lumière, je pourrai me faire opérer pour retrouver une partie de ma vue. Je conserve encore un espoir et reste optimiste.
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Votre retour dans l’arène prévu le 4 mars à Olivenza n’est-il pas trop rapide ?
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C’est une décision mûrement réfléchie J’ai conscience de mes responsabilités. Je me dois d’être à 100 % par respect pour le public, pour le toro et mes compagnons de cartel. J’ai annoncé mon retour après avoir tué plusieurs toros chez mon apoderado. J’ai l’expérience de ces retours dans l’arène après des blessures graves. Les tests au campo se sont révélés probants. Et les médecins m’ont garanti que je pouvais exercer normalement ma profession.
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Votre famille n’a pas cherché à vous dissuader ?
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Mon épouse et mes deux enfants m’ont beaucoup soutenu psychologiquement dans les moments difficiles. Ils ont été d’un appui incroyable. Ils sont la colonne vertébrale de ma vie. Aujourd’hui, ils continuent de me soutenir dans ma décision de revenir dans les ruedos.
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Perdre un œil n’est pas handicapant pour toréer ?
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À ce jour, j’ai retrouvé la totalité de mes repères sur la distance avec le toro et pour appréhender sa vitesse. Le seul problème que je rencontre est sur les fins de passe sur la corne gauche car je perds la vision de la tête du toro pendant un instant. Je dois encore m’adapter à cette difficulté.
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Vous continuerez à banderiller "al violin" ?
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Si je reviens dans les ruedos, c’est que je suis à 100 % et que je peux proposer tout mon répertoire. Je me suis entraîné “al violin” et cela ne me pose pas de problème particulier car le toro est en permanence devant toi.
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Souhaitez-vous toréer autant, et dans des corridas "dures" ?
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D’abord j’espère prendre du plaisir et me montrer à la hauteur de la confiance que m’ont accordée les arènes d’Olivenza et d’Arles. Je me prépare pour réaliser une temporada quasiment normale et je serai heureux de toréer partout où mon apoderado le décidera. Jamais je ne refuserai d’affronter des Miura ou des Victorino Martin. Je me prépare en conséquence.
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