Partager l'article ! La grotte Chauvet, candidate au patrimoine de l’Unesco: Le gouvernement français a décidé de présenter la candi ...
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Le gouvernement français a décidé de présenter la candidature de la grotte Chauvet-Pont d’Arc à l’inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.
Un pas qui pourrait déboucher en 2013 sur l’inscription officielle de ce site, joyau de l’art pariétal.
La grotte Chauvet renferme 425 peintures rupestres, un bestiaire unique au monde, le plus ancien (36 000 ans) et le plus important.
L’origine de l’art, comme aiment à le rappeler les protagonistes du projet.
En 2014, un site de restitution sera ouvert au public, la grotte étant fermée pour sa sauvegarde. Dès 2014, 400 000 visiteurs sont espérés par an, une manne touristique qui pourrait rejaillir sur le Gard, à quelques kilomètres de l’Ardèche méridionale.
Dossier Art préhistorique
- théories d'explication de l'art préhistorique.
- Art pariétal - chronologie.
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- Représentations - art pariétal
- Outils, armes et parure
- Les Vénus dans la Préhistoire
- Art rupestre
- La grotte Chauvet
- Lancement de 2 grands projets pour la grotte Chauvet
La grotte des rêves perdus
La grotte Chauvet est candidate pour la liste du Patrimoine de l'Unesco.
Voir aussi
- la chronologie de l'art préhistorique
- les représentations de l'art préhistorique
- l'exposition de la Grotte Chauvet
- La biographie de Jean Clottes La grotte Cosquer
Les 3 découvreurs de la grotte Chauvet
( Christian Hillaire, Jean-Marie Chauvet , Eliette Brunel )
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La grotte Chauvet-Pont d'Arc va-t-elle bientôt intégrer la prestigieuse liste des quelque 900 sites du Patrimoine mondial de l'UNESCO ? Un comité de soutien à la candidature de la cavité ornée s'est constitué.
Autre initiative : 14 comédiens ardéchois ont participé à la réalisation d'un clip de promotion.
Ce clip doit servir à convaincre le public de l'importance du classement de la grotte Chauvet, véritable joyau de l'art pariétal. Avec près d'un million de visiteurs, la commune de Vallon-Pont-d'Arc est un haut-lieu du tourisme en Ardèche.
Les collectivités locales misent donc sur une mobilisation d'ampleur et des milliers de signatures de soutien à la candidature du site paléolithique.
Or, le dossier ardéchois est en concurrence avec d'autres sites.
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Problème : la France n'a le droit de présenter qu'un seul site culturel par an au Comité du Patrimoine mondial de l'UNESCO.
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Dans un premier temps, la candidature de la grotte devra donc être retenue par le ministère de la culture.
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Quant à la décision des instances internationales, elle devrait intervenir en juillet 2013.
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Comité de soutien à la candidature UNESCO sur le site www.grotte-chauvet.org
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La saga de la Grotte Chauvet
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Des faux, de hauts fonctionnaires du ministère de la Culture mis en examen, des propriétaires non identifiés, des affaires de sous et de justice...
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Qui croirait qu'il s'agit là de l'histoire de la grotte Chauvet, l'une des plus fascinantes découvertes archéologiques ?
Et pourtant, depuis que Vallon-Pont-d'Arc, paisible village des gorges de l'Ardèche, s'est réveillé sur le plus beau trésor paléolithique du monde, ses deux mille habitants vivent dans l'ébullition juridique.
L'accumulation de maladresses ainsi que certaines zones d'ombre du droit français font de « Règlement de comptes à Vallon-Pont-d'Arc City » un bien piètre et fâcheux mélo.
Alors que tout avait si bien commencé, par un bel après-midi ensoleillé de fin d'automne.
Il est 15 heures, le 18 décembre 1994, lorsque Jean-Marie Chauvet (gardien des grottes ornées de l'Ardèche), Eliette Brunel-Deschamps (viticultrice à Saint-Remèze) et Christian Hillaire (agent EDF à Pierrelatte), vieux routards de la spéléologie, s'aventurent dans le cirque d'Estre, à quelques kilomètres de Vallon-Pont-d'Arc.
Sa falaise surplombe la route touristique encombrée par plus d'un million d'estivants chaque année.
En contrebas, le lit sinueux de l'Ardèche glisse sous le fameux Pont-d'Arc.
Chênes, buis, maquis broussailleux... le site protégé de la Combe d'Arc se dresse fièrement sous les yeux du touriste qui débouche, en voiture, des lacets tortueux des gorges de l'Ardèche.
Spectacle étonnant de la nature à l'état sauvage : un à-pic vertigineux de près de deux cents mètres, taillé dans une roche blanche et ocre.
Après trois quarts d'heure de grimpette, le trio débouche devant un « trou souffleur », indice assez fiable de la présence d'une cavité.
Eliette se faufile la première dans la chatière et passe aux deux autres les cailloux à déblayer.
Ils rampent ainsi sur plusieurs mètres dans un étroit boyau.
A 18 h 30, Eliette entrevoit le sol, dix mètres plus bas. « Malgré la fatigue et le froid, nous sommes retournés à la camionnette chercher une échelle de spéléologie... Nous ne voulions pas nous faire piquer une première par des étudiants en vacances ! »
De retour dans la cavité, ils découvrent, dans le halo de leurs lampes frontales, de sublimes colonnes de calcite blanche et ocre.
Les ossements d'ours sont innombrables... Une caverne d'Ali Baba qui n'a pourtant pas encore révélé tous ses secrets.
Eliette manque en effet de suffoquer lorsqu'elle aperçoit un petit mammouth rouge peint à l'oxyde de fer sur l'une des parois.
Têtes de lions, mains appliquées sur la paroi ou dessinées au pochoir, bouquetins, ours et même rhinocéros attendent depuis des dizaines de milliers d'années ces providentiels visiteurs d'un soir...
Emerveillés, épuisés, ils se reposent chez Eliette, mais repartent presque aussitôt dans la grotte sous la pression de sa fille.
L'occasion de découvrir d'autres merveilles : des chevaux, des bouquetins, des mammouths et un hibou gravés dans la roche rouge. Puis une fresque noire, immense, mêlant chevaux, aurochs, bisons et rhinocéros.
Quelques mètres plus loin : des lions, des cerfs... Vers minuit, les quatre ressortent à l'air libre.
Avant de se donner rendez-vous six jours plus tard, ils obstruent soigneusement l'accès...
Le samedi 24 décembre, à 9 heures, le trio est accompagné par Daniel André, Michel Chabaud et Jean-Louis Payan.
Dans la grotte, ils déroulent une bande de plastique noire sur leurs anciennes traces.
A pas lents, mal assurés sur le sol argileux, les six spéléos amateurs découvrent une galerie encore inexplorée. Chevaux, mégacéros, rhinocéros et tête de lion entaillée par des griffes d'ours débouchent sur une gigantesque fresque noire arborant une dizaine de lions sans crinière, des bisons, rhinocéros, mammouths et un renne. Au sol, les foyers qui servaient à éclairer les artistes semblent avoir été éteints la veille.
Un peu plus loin, des empreintes de bouquetins « encore fraîches » les dissuadent de poursuivre leur exploration.
Sept heures se sont écoulées.
Ils ressortent, émus, enchantés à l'idée de voir leurs photographies et le film réalisé avec le Caméscope de Christian Hillaire...
« Nous avions invité trois copains sur cinquante, raconte Eliette Brunel-Deschamps. Nous nous sommes donc fâchés avec les quarante-sept autres ! »
Première péripétie, premier indice révélateur de la démence qui souffle sur tous les esprits : pour avoir assisté à la découverte de la fresque des lionnes, André et Chabaud estiment devoir porter, eux aussi, les lauriers de la gloire : ils revendiquent le statut de co-inventeurs !
Le 26, les trois pionniers retournent dans la grotte afin de terminer leur balisage.
Le 28, ils déclarent les faits à Jean-Pierre Daugas, le conservateur régional de l'Archéologie à la Direction régionale des Affaires culturelles de Lyon (DRAC).
Dix jours se sont écoulés entre la découverte et la déclaration : pourquoi ce délai, alors que l'article 14 de la loi sur les fouilles archéologiques stipule qu'un trésor doit être « déclaré immédiatement au maire de la commune » ?
« Nous tenions à finir de baliser le sol, sachant que les scientifiques allaient être comme des fous... Et puis nous ne connaissions pas ce point de la réglementation », se défend Eliette Brunel-Deschamps.
Jean Clottes, spécialiste incontesté de l'art paléolithique, est dépêché sur place dès le lendemain de la déclaration pour authentifier les peintures.
Il réalise alors une série de cinquante clichés et répertorie deux cent quatre-vingts animaux, dont un moyen duc gravé dans la roche, une hyène et un léopard : là aussi, les premiers découverts en Ardèche.
L'analyse de la radioactivité résiduelle des atomes de carbone 14 prélevés dans la grotte donnera quatre dates situées entre 32 000 et 30 000 années avant notre ère. Bien plus vaste, le site est aussi bien plus ancien que Lascaux (- 15 000 ans) ou que, près de Marseille, la grotte sous-marine Cosquer (- 27 110 ans), découverte à la fin de 1991.
Le 10 janvier 1995, François Filiatre, le préfet de l'Ardèche, convoque les « découvreurs » de la grotte, les représentants de la DRAC de Lyon, le sous-préfet de l'Ardèche et Jean-Pierre Ageron, le maire de Vallon-Pont-d'Arc.
« Ce jour-là, se souvient le maire vallonnais, j'apprends qu'une telle merveille dort sous ma commune. La veille de mon départ pour Paris, où doit se tenir une conférence de presse, le conseil municipal organise la tournée d'une camionnette munie d'un haut-parleur, ainsi que la publication d'un communiqué dans Le Dauphiné libéré. »
Message : ce soir, regardez la télévision, Vallon-Pont-d'Arc va devenir célèbre !
Le 18 janvier, en effet, le petit village perché dans les hauteurs ardéchoises est sous les feux de la rampe.
Les journalistes affluent à la conférence de presse du ministre de la Culture, Jacques Toubon.
Le ministère leur remet alors quatre photos libres de droit : celles prises par Jean Clottes.
Cette médiatisation fait grand bruit , et une bataille juridique s'engage ....
En effet, les propriétaires des terrains environnants et de l'entrée de la grotte (dont le maire de Vallon-Pont-d'Arc lui-même) souhaitent être indemnisés .
L'État leur a initialement accordé une indemnité correspondant à la valeur d'un terrain non constructible, soit environ 25 centimes de franc le mètre carré.
L'affaire s'est terminée en 2001, lorsque le Conseil d'État a décidé d'indemniser les propriétaires à la hauteur des richesses inestimables de la grotte.
Un procès en appel, à Toulouse, a débouché sur une décision plus favorable aux propriétaires (1777 fois plus que les 25 centimes par mètre carré) mais cette décision a été cassée en cassation.
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